| Trépas d'un monde. |

 | Trépas d'un monde. |
La dernière marche des loups.




Et ils hurlaient sur la plaine, à s'en défaire la gorge.
Un cri désespéré. Celui qu'on mélange a l'amer, celui qu'on prend entre les mains pour l'envoyer valser dans les murs, tant il nous fait mal aux oreilles. Cet hurlement de terreur qui se propage dans les contrées, entres meutes diverses. Mais tous, aussi différents soient-ils, s'étendent.
Et personne ne les comprend. La terre entière préfère se fermer à leur malheur, plutôt que de les aider. Ils closent les paupières devant le mal qui les suit. Se ruant sur leurs propres problèmes. Egoïsme, pur qui ne revient qu'aux humains.
Et ils hurlent la peur qui les ronge. La souffrance d'avoir vu leurs proches se faire abattre sous un coup de fusil, pour une peau. Celle d'avoir échappé chanseusement à la mort, au lieu d'être partit avec les siens. Les remords, aussi. Un paquet de choses qu'ils regrettent amèrement. Pourtant, ils se sont tous battus, avec force et rage. Avec ténacité, contre les hommes. Mais que de simple croc et l'amour, peuvent bien faire comme miracle contre un fusil de chasse ? Rien, ou pas grand-chose.
Alors ils se laissent tuer en silence, l'âme en peine, les larmes aux yeux et la gorge sèche d'avoir extériorisé tout leur chagrin.
Et ils avancent, dans la neige et la brume. Laissant le sol craquer sous leurs pas. Ils ne sont plus qu'une centaine. Une misérable, centaine. Les rescapés de ce périlleux voyage qu'est la vie en temps qu'animal sauvage. Cent à marcher vers la grande ville, avec ces lumières qui brillent, qui font étinceler les rues de toutes parts. Cette sorcellerie qui fait que tout le monde se sent bien, et à sa place. Mais quelle stupide sensation. L'alcool a brisé tout ce que le monde avait de beau, abandonnant le peuple à sa dérive, dans un océan bien trop grand pour qu'ils puissent s'en sortir.
Et eux, ils ne regrettent pas leur vie en pleine nature. Ce sont de trop beaux sentiments partagées que pour les jeter aux oubliettes. Gambader dans les bois à se bousiller les pattes de se jeter dans la neige. Se frigorifier la gorge à hurler dans la prairie pour crier son amour perdu. Les batailles entre meute pour délimiter les territoires. Les morsures, les griffes, les baisers brûlants, les enfants, toutes les sensations qu'ils peuvent éprouver entre eux. C'est tellement magnifique quand on les connait. Mais hélas, nul ne leur à donné, ne serait-ce qu'une chance de connaitre leur monde. Un gâchis épouvantable.
Et ils hurlent, pour la dernière fois, tout ce qu'ils ont sur le c½ur. Un tourbillon passionnant de mélancolie et d'amertume. Ils chantent leur trépas. Ils chantent leur existence. Ils chantent tout ce qu'ils n'ont osées dire auparavant.

*


Je les regardais du haut de la falaise. Cette étendue rocheuse dont seule moi connait l'accès, et lui.
Je l'avais supplié de rester avec moi, ensemble. Je lui avais juré de m'occuper de lui mieux que de tout autre chose, comme je l'avais toujours fait. Je lui avais demandé, pleurer dans le creux de sa fourrure que je l'aimais trop pour le laisser me glisser entre les doigts. Car je ne savais que trop bien ce qu'ils allaient lui faire, et il représentait trop à mes yeux. Pourtant, il était le chef de la meute, et il en était forcé. Forcer de s'avancer au devant, le premier, la tête haute et le menton levé, le cri le plus grave, le plus calme. Menant sa bande à l'autre bout de la vie, de l'autre côté, celui d'où on ne revient pas. Mon c½ur battait à tout rompre. Les souvenirs de notre amitié repassaient en boucle dans ma tête. Ils revenaient en bataille, l'un à la suite de l'autre, disparates. Mes yeux pleuraient, oui. Ils pleuraient c'est larmes invisible, impossible à deviner. Ces larmes d'égoïsme pur en voyant partir un être chers, en sachant que c'est bien. Ces larmes blanches et sucrée, aux gouts de peine et d'irréalisme. Ces larmes qui coutent si chers qu'on ne les verse qu'une seule fois dans sa vie.

*


Ils étaient presque arrivés, aux portes de la ville. La lumière les effrayait. Sans parler des bruits qui émanaient d'elle. Ils étaient terrifiés. Mais le chef de la meute continuait d'avancer, cette allure fière et libre qui l'avait toujours déterminé. Le far gardien s'illumina, soudainement, faisant retentir une voix grasse et enrouée, signe d'une hygiène de vie à modifier. Il prévenait ses hommes, pour l'ultime bataille. Mais les loups ne se battraient pas. Ils allaient là en digne animal, fière qu'ils étaient. Près à tout pour reconquérir le ciel, et les étoiles qui le parsèment.
Les hommes étaient tous prêt, fusils en main, armés. Une lueur rouge sang se lisait dans leurs yeux, décharnés. Ils seraient sans pitié, près à n'importe quelle horreur pour exterminer ses bêtes du diable, comme ils les appellent.

*


Mes yeux continuaient de pleurer, comme je ne l'avais jamais fait. Mon c½ur entier semblait partir de l'autre côté du mur. Sans lui, je ne survivrais pas, jamais. Vous savez, c'est comme si on vous arrachait une partie du c½ur, vous succombez directement. Lui, il est toute ma vie. Peut-être que nos races sont différentes, mais j'ai plus d'affection et de compréhension à son égard que pour nul être, humain. C'est lui qui m'apporte mes arcs-en-ciel, et une terre sans chaleur est un monde sans vie. Je ne peux le laisser s'en aller, sans moi.

*


Et Mina s'est mise à courir, avec ses petites jambes, le plus vite qu'elle pouvait. Sautant tout les obstacles qu'elle rencontrait, ne regardant que le devant de ses yeux, là où ils étaient. Elle se devait d'arriver à hauteur de son ami, avant eux. Heureusement, elle ne connaissait que trop bien les montagnes, et ses raccourcis vers la ville aux lumières. Elle est arrivée au même moment qu'eux. Mais tout avait déjà commencé. Ils couraient dans tout les sens, des balles fusaient de toutes parts. Elle s'horrifiait devant ces images. Ses amis se faisaient massacrer, mais elle ne le trouvait toujours pas. Pourtant, elle savait qu'il était en vie. Un lien étrange les avait toujours liés, et il ne s'éteindrait jamais. Elle cherchait des yeux cette fourrure d'un noir perçant, et deux ronds bleus océans, dans l'obscurité de la nuit. Quand enfin elle les trouva, il était trop tard. Yana se trouvait devant un jeune homme, grand et blond, que Mina connaissait. Mais elle ne le remarqua pas. Son esprit était uniquement braqué sur Yana. Elle entendit le coup partir, et sans réfléchir, se jeta sur le loup, afin de le protéger.

*


C'est fou comme sensation, vous savez. Une impression de vide dans l'âme. Mais qu'est c'que je me sens bien, maintenant. J'ai ouvert mes yeux, tant que je le pouvais encore. Cette balle m'avait traversé le c½ur, mais il était à lui, donc cela ne me faisait rien. Du tout. Il était penché sur moi, me léchant le trou où la balle avait pénétré, tentant de guérir ma plaie, en vain. Ses yeux étaient humide, tout comme les miens. Je l'ai serré contre mon c½ur, tant que celui-ci battait encore. Yana est tombé sur moi. Un homme venait de lui tirer dessus. Sa fourrure me réchauffait légèrement, venant me chatouiller le bout du nez. Et j'ai fermé les yeux, à jamais. Un sentiment d'amour et de plaisir au fond de mon être.

« Et on s'ouvre le c½ur comme on s'ouvrirait les veines, avec l'espoir comme lame de rasoir, jusqu'à ce qu'on en crève. »



# Posté le mardi 02 octobre 2007 11:17

Modifié le jeudi 08 novembre 2007 15:58

Mes dames , pas d'affolement , rupture de stock au rayon prince charmant ... *

Mes dames , pas d'affolement , rupture de stock au rayon prince charmant ... *
℮CORCH℮℮ ViiV℮ , QUAND J℮ DiiS BJR A L'AMOUR ℮T QU'ON MDii
C'℮ST PAS VOTR℮ TOUR , V℮UiiLL℮Z R℮PASS℮R UN AUTR℮ JOUR



נα¢qυєѕ à ∂ιт αιмє, ¢σммє ѕι тυ η'αναιѕ נαмαιѕ ѕσυƒƒєят.


# Posté le jeudi 11 octobre 2007 09:17

Modifié le jeudi 11 octobre 2007 10:18